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Guides & Conseils

Zérotage d'une carte de crédit : sa date et son calcul

Délai de zérotage d'une carte de crédit belge : deux régimes légaux, où lire sa date, son calcul, et pourquoi le minimum mensuel ne suffit pas.

Par Sophie L.14 octobre 20268 min de lecture

Le zérotage est la date avant laquelle le solde d'une ouverture de crédit doit repasser au moins une fois à zéro. Elle est imprimée sur le contrat et sur le relevé, elle se compte en mois depuis le premier prélèvement, et son plafond légal change selon que la carte rembourse son capital par mensualités : 60 mois jusqu'à 5.000 euros dans ce cas, 12 mois sous 3.000 euros dans l'autre.

Verser le seul minimum mensuel ne l'atteint pas. C'est l'arithmétique des clauses que j'ai relues, et la raison pour laquelle certains relevés portent un avertissement.

Quel est le délai légal de zérotage d'une carte de crédit ?

Cela dépend de la manière dont le capital se rembourse. L'article VII.95, § 2, du Code de droit économique impose un délai de zérotage aux ouvertures de crédit à durée indéterminée, ou de plus de cinq ans, et l'arrêté royal du 14 septembre 2016 (article 14, § 3) en fixe le maximum. Un article des Échos du crédit daté du 2 octobre 2012 et la page Credit2Consumer sur les articles 13 et 14 donnent les mêmes quatre chiffres. Cofidis confirme les deux du second régime.

Ouverture de créditMontant du créditDélai maximum
Sans remboursement périodique du capitaljusqu'à 3.000 EUR12 mois
Sans remboursement périodique du capitalau-delà de 3.000 EUR60 mois
Avec remboursement périodique du capitaljusqu'à 5.000 EUR60 mois (termes d'un douzième du solde)
Avec remboursement périodique du capitalau-delà de 5.000 EUR96 mois (termes d'un dix-huitième)

Le plancher d'un terme est de 25 euros. Une carte dont le contrat impose un minimum en fraction du solde, un dix-huitième chez Beobank, rembourse son capital par mensualités. Je la range donc dans le second régime, celui de 60 mois sous 5.000 euros. Cofidis publie 60 mois jusqu'à 5.000 euros et ne mentionne aucun délai de 12 mois, 12 n'étant pas le bon chiffre pour ses cartes.

Le chiffre de 12 mois circule beaucoup plus que l'autre. Notre glossaire des frais de fin août le cite seul, et la correction figure en fin de page. Le coût complet d'une carte est chiffré dans le guide du coût réel d'une carte de crédit ; ici, il n'est question que de calendrier.

Où lire la date de zérotage de sa propre carte ?

  1. Dans le contrat de crédit. Les conditions générales de Beobank renvoient à « la période indiquée au recto », et Cofidis cite le contrat en premier.
  2. Sur le relevé mensuel. Dans le guide Buy Way de septembre 2025, le relevé d'exemple du 17 décembre 2025 porte une date de zérotage au 17 octobre 2027. Chez KBC, la date apparaît sur l'état des dépenses ou dans KBC Touch pour qui rembourse par mensualités.
  3. Dans l'espace client, ou auprès du service client, que Cofidis cite aussi.
  4. Dans le courrier d'avertissement. Le prêteur doit prévenir au plus tard deux mois avant l'échéance (article VII.95, § 4, d'après Credit2Consumer). Buy Way annonce deux rappels, à 8 mois et à 2 mois, sur sa fiche didactique ; son guide de septembre 2025 n'en parle pas.

Le compteur ne suit pas l'année civile. Chez Beobank, le délai court dans les deux mois qui suivent le premier prélèvement et recommence au premier prélèvement suivant le dernier zérotage. Cofidis donne un exemple daté : 1.250 euros ouverts le 1er septembre 2023, premier usage le 7 septembre, délai de 33 mois, zérotage au plus tard le 7 juin 2026. Repasser à zéro plus tôt ne fait rien perdre, cela remet un délai neuf.

Si vous soldez l'état des dépenses en entier chaque mois, la date ne vous concerne pas : KBC précise que cela remplit l'obligation automatiquement. Le mécanisme de l'ouverture de crédit derrière une carte est posé dans le guide du fonctionnement d'une carte de crédit.

Pour 2.500 euros, 41 mois chez Cofidis et Buy Way, 37 dans mon calcul

Buy Way et Cofidis affichent le même chiffre. Buy Way donne 41 mois pour un crédit de 2.500 euros sur sa fiche didactique, et la grille indicative de Cofidis d'octobre 2023 aussi. J'ai refait le calcul le 14 octobre 2026 avec la règle lue plus haut : un terme mensuel égal à un douzième du solde restant dû (un dix-huitième au-delà de 5.000 euros), plancher de 25 euros, aucun intérêt, aucun nouvel achat.

Montant du créditDélai indicatif Cofidis (octobre 2023)Mon calcul, sans intérêts
500 EUR20 mois18 mois
1.250 EUR33 mois29 mois
2.000 EUR38 mois34 mois
2.500 EUR41 mois37 mois
3.000 EUR44 mois39 mois
3.500 EUR46 mois41 mois
4.000 EUR48 mois42 mois
5.500 EUR74 mois62 mois

Mon résultat est inférieur de deux à six mois jusqu'à 4.000 euros, ce que des intérêts ajouteraient plausiblement. C'est une hypothèse : Buy Way présente sa date comme indicative sans en donner la méthode, et Cofidis juge ses délais sans valeur contractuelle. À 5.500 euros, l'écart monte à douze mois, et je ne sais pas l'expliquer.

Le délai grandit moins vite que le montant : de 500 à 4.000 euros, la somme est multipliée par huit et le délai par 2,4. Les intérêts qui s'ajoutent en route sont relevés dans le guide des taux d'intérêt de la carte de crédit, et la mécanique des versements dans celui du remboursement d'une carte de crédit.

Le remboursement minimum suffit-il à atteindre la date ?

Non, et les clauses le reconnaissent. Les conditions générales de Beobank fixent le minimum à un dix-huitième du montant dû jusqu'à 5.000 euros de crédit, un vingtième au-delà, avec un plancher de 25 euros et la cotisation en sus : 100 euros pour un solde de 1.800. Elles ajoutent que ce montant peut être supérieur « afin de rembourser le montant prélevé endéans le délai de zérotage ».

Deux horloges tournent donc. Le minimum d'un dix-huitième règle le rythme du contrat, la date de zérotage se calcule sur un terme d'un douzième, et à ma lecture des deux règles le premier est plus lent que le second dès le départ. Sur 2.500 euros, toujours sans intérêts, l'écart se lit mois par mois.

Mois écouléSolde dû avec des termes d'un douzièmeSolde dû avec le minimum d'un dix-huitième
12.291,67 EUR2.361,11 EUR
61.483,23 EUR1.774,18 EUR
12879,99 EUR1.259,09 EUR
24309,75 EUR634,12 EUR
368,94 EUR300,02 EUR
410 EUR175,02 EUR
480 EUR0,02 EUR

Au 41e mois, l'échéance que Cofidis et Buy Way affichent pour ce montant, un porteur au minimum doit encore 175,02 euros avant le moindre intérêt. Il faut 49 versements pour solder.

Je range cette articulation parmi les clauses mal construites : le montant qui maintient le contrat en règle conduit à manquer l'échéance que la loi impose, et rien dans le prélèvement ne le signale. Le guide de Buy Way précise que les minimums peuvent ne pas suffire à rembourser le solde avant la date, avertissement porté sur son relevé d'exemple. Chez Beobank, seule la clause prévient, faute de relevé lu.

À relever sur le dernier relevé :

  • la date de zérotage indiquée ;
  • le montant total dû, frais et intérêts compris, puisque c'est lui qui ramène à zéro ;
  • l'éventuel avertissement sur le minimum ;
  • la mention des 24 heures à zéro, quand l'émetteur l'exige.

Ce dernier point vient de Buy Way : à la date de zérotage, le solde doit être de 0 euro pendant 24 heures au moins. Comment ces 24 heures se comptent pour un virement émis un vendredi, le guide ne le dit pas.

Que risque-t-on quand la date passe sans retour à zéro ?

La carte se bloque d'abord, le fichage vient ensuite. Le guide Buy Way de septembre 2025 écrit que l'utilisation est suspendue en premier lieu, puis que le défaut persistant est inscrit au volet négatif de la Centrale des crédits aux particuliers. Le comparatif des formes de crédit de Buy Way, dont les TAEG datent du 1er décembre 2025, ajoute que la totalité devient exigible et que l'inscription suit un mois plus tard. Cofidis cite aussi des intérêts de retard et la résiliation possible. Credit2Consumer précise que le manquement ne déclenche pas automatiquement la clause résolutoire : le prêteur doit mettre en demeure. Les conditions et la durée d'un enregistrement sont détaillées dans notre article sur le fichage à la CCP.

Test-Achats relève que le zérotage pousse à contracter un nouveau crédit pour l'éviter (dossier du 17 novembre 2020, métadonnées d'avril 2024), et je partage cette méfiance : refinancer déplace l'échéance sans la résoudre. Si atteindre zéro à temps paraît hors de portée, la démarche prudente consiste à écrire à l'émetteur avant la date, puis à contacter un service de médiation de dettes agréé ou le CPAS de votre commune. Ombudsfin intervient si la réponse de l'émetteur ne vous convient pas ; la procédure est décrite dans notre guide des droits du titulaire de carte.

Les limites de ce relevé au 14 octobre 2026

Le texte de l'arrêté m'a échappé : ejustice et la page du SPF Économie sur le zérotage refusent les robots, et l'entrée en vigueur n'a pas pu être lue. Les chiffres du premier tableau reposent sur des reproductions qui concordent, avec la réserve que cela suppose. Les points que je n'ai pas pu fermer :

  • la méthode de calcul des délais de Cofidis et de Buy Way ;
  • le délai contractuel de KBC et de Beobank, que les pages relues ne chiffrent pas ;
  • les clauses de zérotage d'ING, de BNP Paribas Fortis, de Belfius et d'Argenta, non lues pour cette page.

Une correction s'impose aussi chez nous. Le glossaire des frais du 27 août 2026 donne les 12 et 60 mois en citant le SPF Économie, puis oppose ces 12 mois au minimum d'un dix-huitième de la carte Beobank. Si cette carte relève du régime des mensualités de capital, comme je le lis ici, le plafond applicable est de 60 mois sous 5.000 euros et l'opposition ne tient plus telle quelle. Le constat sur le minimum, lui, reste exact : il laisse 50,4 % du capital au bout de douze mois.

Au 14 octobre 2026, la date imprimée sur votre dernier relevé fait foi. Aucun tableau de cette page ne la remplace.

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Questions fréquentes

Seulement si votre ouverture de crédit ne rembourse aucun capital par mensualités et ne dépasse pas 3.000 euros. Pour une carte à minimum mensuel fractionnaire, les reproductions de l'arrêté royal que j'ai relues donnent 60 mois jusqu'à 5.000 euros et 96 mois au-delà. Votre contrat indique le délai qui vous concerne.

En principe non. Sur 2.500 euros, un minimum d'un dix-huitième du solde laisse 175 euros dus au 41e mois dans mon calcul sans intérêts, alors que les délais affichés par deux émetteurs pour ce montant sont de 41 mois. Beobank écrit d'ailleurs que le montant à verser peut dépasser le minimum pour tenir le délai.

Non. KBC indique que régler toutes ses dépenses chaque mois satisfait l'obligation automatiquement, puisque le solde repasse à zéro à chaque échéance. La date ne devient un sujet que si vous étalez le remboursement.

Au plus tard deux mois avant l'échéance, d'après la page Credit2Consumer sur l'article VII.95, § 4. Buy Way annonce deux rappels, à 8 mois et à 2 mois, sur sa fiche didactique. Ne comptez pas sur ce courrier : la date figure déjà sur chaque relevé.

Non, cela remet un délai neuf. Cofidis précise qu'un retour à zéro anticipé fait repartir un nouveau délai, que Beobank fait courir au premier prélèvement suivant. Le compteur ne se calcule donc pas sur l'année civile.

Écrire à l'émetteur avant la date pour lui demander un plan de remboursement, puis contacter un service de médiation de dettes agréé ou le CPAS de votre commune. Ni cette page ni un nouveau crédit ne règlent la situation à votre place.

Sophie L. a été conseillère crédit puis chargée de clientèle pendant huit ans en agence bancaire, avant de passer indépendante en 2021 et de s'installer à Louvain-la-Neuve. Son travail commence par les conditions tarifaires officielles des émetteurs belges, banques classiques (ING, BNP Paribas Fortis, KBC, Belfius) comme néobanques (Revolut, N26, Wise), ramenées à cinq lignes comparables : cotisation annuelle, frais de change, taux débiteur, plafonds et assurances incluses. Chaque tarif publié ici porte sa date de relevé : la grille des cotisations a été reprise poste par poste le 12 août 2026, après le passage du pack Belfius Beats Star à 5,90 € par mois en février. Quand un émetteur ne publie pas un chiffre, elle l'écrit au lieu de l'estimer.